Le principe de la supervision d’auditeur croisé, par Yvon Mougin


Les pratiques d’audits croisés qui sont, je le rappelle d’excellents outils de management, sont des activités complexes qui, pour être reconnues, doivent être accomplies avec un  vrai professionnalisme, même si elles sont exercées la plupart du temps de manière occasionnelle. Et le chemin est long entre le débutant qui vient de recevoir une formation d’ailleurs pas toujours adéquate car souvent basée sur des principes obsolètes et l’expert capable d’épater son client par ses constats performants et consensuels.

Pour un débutant, les progrès sont aisés et les techniques faciles. Il lui suffit par exemple d’accompagner un auditeur chevronné pendant quelques missions pour comprendre l’esprit dans lequel ces pratiques doivent être exercées et pour apprendre de visu la mise en œuvre des outils et des astuces du métier. En revanche ledit auditeur chevronné aura un peu de mal à progresser et à remettre en question ses habitudes ou ses manies parfois inadéquates parce qu’il travaille seul et sans modèle.

Par conséquent, cette thématique a constitué un des ordres du jour des universités d’été 2013 du club d’auditeurs croisés du MFQ de Franche Comté.

Le principe avait été déjà validé qui consistait en une demande volontaire de supervision de l’auditeur chevronné, désireux de progresser encore.

Cette supervision sera exercée par un auditeur expert qui accompagne le demandeur lors d’une mission d’audit croisé. L’expert est présent en tant qu’observateur et n’intervient pas dans les entretiens. Il évalue l’auditeur actif dans ses pratiques et dans la mise en œuvre des principes des audits croisés (PDCA et bienveillance). En fin de mission, il consacre un moment à expliquer ses constats en les situant dans le contexte et aide à identifier des pistes d’améliorations possibles. C’est un audit d’audit avec les mêmes règles de constats factuels et de partage et de consensus.

L’évaluation portera donc sur les capacités du volontaire à comprendre les attendus des commanditaires, à poser des questions ouvertes non inquisitrices, à ne pas porter de jugement, à reformuler les constats, à les partager, à être factuel, à faire comprendre les étapes nécessaires du PDCA, à ouvrir ses observations au-delà de la stricte exigence des référentiels, bref, à se montrer comme un vrai professionnel de l’audit, utile et à valeur ajoutée.

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